Une pilule pour se protéger du VIH

Une pilule pour se protéger du VIH

« Même en étant responsable et en utilisant le condom, personne n’est parfait et tout ne se passe pas toujours de façon idéale. Pour moi, le Truvada c’est une police d’assurance lorsque tout le reste ne fonctionne pas comme prévu. »

Colby Briggs, participant à l’essai clinique Truvada

Les homosexuels et transgenres sont particulièrement à risque de contracter le VIH lors de relations sexuelles non protégées. Une étude internationale dirigée au Canada par la Dre Cécile Tremblay, chercheuse et microbiologiste-infectiologue au CHUM, a démontré l’efficacité du médicament antirétroviral Truvada en prévention, ce qu’on appelle la prophylaxie préexposition. Chez cette population à risque, le fait de prendre une pilule de Truvada au besoin, lors des relations sexuelles, réduit de 86% leur risque de contracter le VIH.

Les conclusions de cette étude, menée auprès de 400 hommes à travers le monde, ont été publiées dans le New England Journal of Medicine en décembre 2015. Cette recherche a eu une influence majeure pour changer les pratiques médicales. Le médicament Truvada était jusqu’à récemment autorisé uniquement pour traiter les personnes séropositives. En février 2016, Santé Canada a donné son feu vert pour l’utiliser également à des fins de prévention. Selon la Dre Tremblay, nous pourrions éradiquer le VIH au Québec d’ici quelques années à peine. À défaut d’un vaccin, il suffirait de traiter les personnes atteintes avec les antirétroviraux pour qu’elles ne soient plus contagieuses et de jumeler cette approche à un programme national de prévention qui comprendrait l’usage du condom, des conseils et la prise du Truvada au besoin, pour gagner la bataille contre le virus.